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Objet:   [cu_cu_clan] p
De:   "mylucal" <mylucal@myrtilles.org>
Date:   Sam 8 juillet 2006 05:55
À:   mylucal@myrtilles.org
Priorité :   Normale
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À: cu_cu_clan@yahoogroupes.fr De: Ariane Bart <ariane_bart@yahoo.fr> Date: Sat, 8 Jul 2006 00:32:46 +0200 (CEST) Objet: [cu_cu_clan] p

            
 
 
La répétition de poussées de lymphangite aiguë entraîne un épaississement fibreux de la peau et du tissu sous-cutané qui, à la longue, peut donner des déformations monstrueuses appelées "éléphantiasis".

Éléphantiasis de pied
Leurs lieux de prédilection sont les jambes et le scrotum; parfois le pénis, la vulve, les seins… Le membre inférieur peut évoquer les pattes d’un pachyderme; quant aux bourses, devenant énormes, elles ont pu peser jusqu’à 30 à 40 kg, rendant la marche impossible ou obligeant l’utilisation d’une brouette pour se déplacer. La verge disparaît, enfouie dans la masse mais elle demeure indemne, de même que les testicules. L’éléphantiasis y est la conséquence d’une obstruction définitive des vaisseaux lymphatiques génitaux comme le confirme la lymphographie.
La paroi des vaisseaux lymphatiques est mince et fragile et leur distension en cas d’oblitération peut aboutir à leur rupture et leur fistulisation. Le chyle, lymphe abdominale rendue lactescente par les globules graisseux de provenance digestive, s’écoule alors dans le péritoine (ascite chyleuse), dans l’intestin (diarrhée chyleuse) ou dans les voies urinaires (chylurie).


Éléphantiasis de la jambe et du scrotum
 
 
 
 
 
 
Avant la Seconde Guerre mondiale, aucun traitement médicamenteux ne donne de résultats satisfaisants: iodures, dérivés mercuriels ou arsenicaux, sérum antistreptococcique, électro et radiothérapies. Seule, la chirurgie réduit les invalidités affligeantes des membres et des organes génitaux par ablation de cette masse fibreuse pour rendre au patient son agilité et sa virilité.
Lemoine*, le premier, à Tahiti, en 1910, pratique "quelques interventions palliatives". Il procède à de vastes résections cutanées dites "en tranches de melon". D’autres techniques sont tentées puis rapidement délaissées, tels le drainage externe de la lymphe ou les anastomoses lympho-veineuses...
Au niveau du scrotum, il s’agit d’exciser la peau après avoir dégagé les testicules et la verge puis de détacher la masse fibreuse d’un bloc. Un premier obstacle est le volume de ces masses scrotales, parfois monstrueuses. La difficulté stimule l’imagination des chirurgiens. Certains suspendent cette masse à une poulie fixée au plafond. Guyomarc’h*, vers 1910, en AEF, commence par une grande incision médiane qui partage la pièce en deux parties symétriques. Puis, il dégage les testicules, le pénis... C’est l’époque héroïque, le malade est sur un brancard, l’intervention dure une trentaine de minutes. Le patient est heureux de revoir sa verge et de retrouver une activité sexuelle. Repris par Bernard* en 1911 et par Ouzilleau*, ce procédé est longtemps utilisé. Ce dernier auteur écrit en 1913 : "Nous n’avons eu que 4 échecs sur 182 opérés". Hélas ! la récidive est la règle, à plus ou moins brève échéance.

Éléphantiasis du scrotum (avant et après opération)
Pour l’éléphantiasis des membres, après la Seconde Guerre mondiale, l’accord se fait sur les techniques bien codifiées. Les chirurgiens coloniaux utilisent celles de Servelle ou de Gibson et Touch (Bézes).
Pour corriger la chylurie filarienne, la résection des collecteurs lymphatiques du rein concerné, proposée en 1964 par L. Léger, est utilisée avec succès en particulier à Tahiti par Fouques*, Huet*, Montangerand* et Roch* en 1967.
 
 
 
 
 
 
 
 
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