1..
la rencontre avec une écriture-coulée-de-lave
puissante brusque sans fioritures où le corps et la voix
dérangent à coups de grosses chaussures coquées, une lecture-main-gauche,
certaines scènes pouvant carrément se transformer en séquences masturbatoires,
une écriture-boule-tango où s’exhibent et éclatent un tas de chairs et pensées
pas lavées
une écriture-secousses-du-vieux-couple-sexe-et-violence,
-des-images-usées-de-violprostitutionmorbidecaméra
déjà en gueule
bref il n’y avait plus qu’à dire index
et aussi approcher le ...caché-tu-honteux . catherine
breillat propose dans le livre du plaisir que “si le sexe n’était qu’un théâtre
et que ce qui se joue ne soit que la répétition de ce qui s’est inscrit avant :
le refoulé”, je pense que cette phrase reste intéressante si l’on inverse les
mots théâtre et sexe
2..
rayon érotisme-et-plus en librairie face au rayon
littérature japon
je connaissais déjà l’édition
j’avais acheté le lydia lunch avant
les références whitehouse et emballeur de viande
laurence de la musardine m’a donné le tel de son hôtel
j’ai tel
la veille de son départ lorsqu’il était à paris pour un
live de whitehouse annulé merde
je pense que le projet l’a intéressé
c’est la première adaptation théâtrale
j’aurais aimé qu’il vive la chose en direct bien sûr bon
peter je dois encore t’envoyer la copie vidéo... j’ai
pas ton adresse... (l’excuse!...)
3..
naturellement
en fait j’ai extrait les parties qui concernaient
uniquement les femmes
j’ai plutôt composé avec les mots d’un homme que j’avais
envie d’entendre en tant que femme, j’ai plutôt essayé de concrétiser ce
personnage-auteur-narrateur
(ça aussi j’ai aimé cette non-situation de l’œuvre et de
l’auteur, oscillant entre les formes roman autobiographie compte-rendu... pour
arriver à l’objet littéraire)
que de me mettre à la place d’un homme
4..
violence
dictature économique et sociale qui joue sur/à la
tentation et l’imposition
mécanismes de fascination de tout un chacun, grosse
fabrique à fantasmes ou passages à l’acte
il y a la femme lectrice qui a reçu l’œuvre et celle qui
l’a interprétée, je ne sais pas laquelle est la plus concernée
4..suite
ma vie de femme avec la frustration
quotidien récurrence
...résister revendiquer persévérer
suite à plus de deux mille ans de domination du masculin
(également prônée par des penseurs ou philosophes, certains révolutionnaires
par ailleurs), et ce dans l’hypothèse où nous continuons de tous vouloir des
changements dans les relations homme-femme, nous savons pertinemment que cela
prendra encore des siècles
alors oui je suis frustrée, frustrée parce que je dois
encore me taire ou parler plus fort qu’un homme (et qu’on arrête de dire
qu’aujourd’hui la situation a quand même évolué... réponse-type à “ce débat est
ringard”)
pour le reste les réponses sont sûrement sur scène
5..
si j’ai bien compris la question, là je dirai que ce
sont les ficelles du métier : ruptures de rythme de sens débit volumes... tous
les monologues descriptions ou adresses sont dits par le même comédien, mathias
beyler
6..
20 mn
à jardin devant scène
mathias avec pupitre et micro sur pied
à cour arantxa martinez danseuse nue vêtue d’un short et
t-shirt latex nature avec hf
lui en costume-noir-chaussurescoquéesnoires sans
mouvement si ce n’est tenir le micro pour appuyer sa voix ou mettre les mains
dans ses poches pour la reposer
avec arantxa nous avons donc travaillé (sur) la
frustration 20 x 1 mn, chaque minute contient une ou plusieurs indications, ce
qui empêche résolument tout développement d’une phrase, a fortiori d’un
langage, chorégraphique écrit ou improvisé, on se rapproche là de la dyslexie
du bégaiement ou de l’hésitation, nous avons aussi travaillé sur le saut parce
que c’est éreintant et parce que hep !
pour éclairage 2 x 2 halogènes avec détection du
mouvement
quant à mathias sa palette est assez large, on peut dire
qu’il joue le jeu de la tentation, de la caresse à la gifle
mathias et arantxa ont répété séparément, dans l’urgence
et le froid, jusqu’au jour de la première
excitant
7..
j’ai entendu parler de whitehouse pour la première fois
à bordeaux en 1989, bruit de fond de concert ce qu’il fallait connaître
toutletralala... et puis deux ans plus tard environ j’ai trouvé ce lp cream of
the second coming voilà
nous l’avons utilisé pendant les répétitions comme
support d’improvisations c’était une façon d’avoir une relation pratiquement
physique avec l’auteur puisque c’était un morceau de sa vie
la seule référence à whitehouse dans la performance est
le lp que nous avons posé à l’intérieur du pupitre-noir-à-trous-ronds pour
soutenir le texte, de l’extérieur on ne voyait que quelques taches oranges
le son a été mélangé par phil von (membre de von magnet)
en direct en improvisation, il a découvert les deux soli trois jours avant la
première ! un sacré challenge ! le traitement amplifié à travers l’urgence la
volumétrie et la violence a généré un magma sonore et textuel que je
qualifierai de sanguin viscéral ventral, mais très tenu, pour que tout ça
remonte au cerveau
...textevoixd’homme soufflevoixdefemme
interprétationélectronique amplifications
8..
fin novembre 99 à châtillon festival “danse à la folie”
nous passions en premier
public assis assez hétéroclite
il aurait sûrement fallu un peu plus de temps après
notre passage pour que les spectateurs reviennent à un quasi état neutre, ça a
dû être difficile pour ceux qui sont passé après nous... (ça me fait rire
aussi)
nous avons eu peu de retours, plutôt bons
j’aime bien que chaque spectateur-visiteur parte
tranquillement avec son petit paquet j’aime quand c’est à l’intérieur au fond
les retours que je préfère sont ceux qui arrivent
quelques semaines ou mois plus tard et les lettres
9..
sûr sûr j’espère qu’index sera joué ailleurs de cette
façon ou d’une autre
dans les envies il y a aussi lire index en américain et
les autres bouquins de peter sotos qu’il puisse venir voir our index en france
(où j’espère il n’a pas que des mauvais souvenirs) ou jouer aux states et et et
et
................+++
-
4..suite
ma vie
de femme avec la frustration
quotidien
récurrence
...résister
revendiquer persévérer
ma vie
de femme avec le cri
quotidien
récurrence
...ne
pas se retenir vociférer détruire
me
taire ou parler plus fort qu’un homme, lui éclater la gueule ou me faire baiser
aujourd’hui
je peux difficilement concevoir autre chose
pour le
reste les réponses sont sûrement sur scène
-
interview
lucillec. timeless 1999